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Plougastell
Le pays Plougastell
 
  • Plougastel est une paroisse primitive fondée vers le VIème siècle. En breton, "Plougastel" veut dire "paroisse du château", bien qu'il n'y ait aucune présence de château dans la commune, on associe cette origine toponymique à l'oppidum de Roc'h Nivelen et c'est au XIème siècle que le nom est mentionné pour la première fois. L'abbaye de Landévennec y avait des possessions. En 1173, la territoire  dépend en grande partie de l'abbaye de Daoulas toute proche, d'où le prieuré de la "Rose des Moines", aujourd'hui "La Fontaine Blanche". Originellement, le territoire de Plougastel devait s'étendre jusqu'à Landerneau et Daoulas, comprenant les communes de Loperhet, Dirinon, Saint-Urbain, Saint-Thomas de Landerneau et le nord de Daoulas.

 

  • Plougastel est une presqu'île cornouaillaise située à la pointe du Finistère, dans la rade de Brest. Son nom, aurait des origines historiques lointaines mais pourrait aussi provenir d'une autre caractéristique, topographique ou plus mystique, celle-ci. En effet d'imposantes roches surplombent les versants nords de la commune formant une enceinte naturelle. La présence de ces "Rochers de l'Impératrice" est illustrée dans cette légende: Le diable, sous l'apparence d'un mendiant, aurait cherché refuge à Plougastel, chassé par ses habitants, il aurait été accueilli par une vielle femme du Relecq-Kerhuon. Pour la remercier, il accepta de débarasser son terrain des rochers qui l'encombraient, il les jeta ainsi de l'autre côté de l'Elorn, comme pour se venger de cette inhospitalité péninsulaire.

 

Plougastel est encore aujourd'hui une paroisse étendue ( 16km de longueur pour 7 de largeur), elle contient, en plus du bourg, plus de 150 villages pour plus de 12500 habitants. Autrefois isolée, ce qui a sans doute favorisé le développement d' une société traditionnelle endogène aux coutumes encore vivaces , la presqu'île fut reliée au Léon par le pont Albert Louppe en 1932, puis par le pont de l'Iroise en 1994.

 

 

Le patrimoine religieux de la presqu'île est foisonnant (chapelles, croix) mais l'on retient certainement ce qui fait sa renommée mondiale, le calvaire. Construit entre 1602 et 1604 en granit de Kersanton et en pierre de Logonna pour symboliser la fin de la peste de 1598 qui décima la région, il fut sérieusement endommagé pendant les bombardements de la guerre 39-45. Un officier américain, John Davis Skilton, frappé par la beauté du monument décida de rassembler les restes dans le grenier du presbytère et entreprit de financer sa reconstruction. La presqu'île de Plougastel est aussi originale dans l'organisation sociale et religieuse de son territoire. Les villages sont regroupés en "Breuriez", unités de territoire impliquant collectivement le culte des morts (célèbre tradition de l'arbre à pommes, gwezenn an anaon) et l'entraide aux vivants. Autour des huit chapelles que compte la commune, s'organisent les "Kordenned", relais entre la paroisse et les fidèles. 

Plougastel est une terre de marins et de paysans, d'où sa devise "War zouar ha war vor", la presqu'île, côtière sur 47 km, compte pas moins de 7 ports (Lauberlac'h, Tinduff) et exploite la rade de Brest pour la drague de la coquille saint-jacques. Les plougastell ont su notamment sauvegarder leur patrimoine maritime, divers coquillers et vieilles chaloupes ont été restaurées, la "Marie-Claudine" ou le "Saint-Guénolé".

La petite péninsule de Plougastel est aussi internationalement connue pour la culture de la fraise, le goût si savoureux de la gariguette, mara des bois et des autres variétés a vite dépassé les frontières. Importée par Amédée-Feançois Frézier du Chili au XVIIIème siècle, la fraise trouve sa terre d'élection en la presqu'île de Plougastel. En effet, la terre y est fertile, le climat est d'une douceur exceptionnelle et les terrains exposés au midi sont protégés des vents dominants. Très vite, les plougastell adoptent cette culture et en font un commerce organisé et florissant. Ils exportent le précieux fruit rouge à Paris ou jusqu'en Angleterre, via la mer. En 1937, un quart de la commune était constituée de champs de fraises! Aujourd'hui, après un déclin inéxorable, la fraise de Plougastell occupe une importance moindre dans l'économie de la commune mais conserve néanmoins une place honorable (2000 tonnes par an). Les exploitants se sont diversifiés (tomates, fleurs) et modernisés (production en serres, grandes coopératives), la concurrence sur le marché est rude. La fraise a ainsi révolutionné le destin de la commune, elle en a fait sa richesse et sa célébrité.

Tous les ans, le deuxième dimanche de juin, les habitants de Plougastel célèbrent leur emblême fruitier lors de la grande fête des Fraises où paradent chars, enfants, cercles, bagadoù... 

Le terroir Plougastell: Contrairement à beaucoup de régions de Bretagne, les danses de Plougastel commencent du pied droit (Gavotte de Plougastell, An hini vras, Dans ar feuteun wenn, Dans Tinduff, ar Seizenn, Torchoù, Jabadao). On remarque alors des influences de l'Aven ou du Bigouden. Il s'agit de gavottes en chaîne longue avec un bal mais sans deuxième gavotte

 

N.B: Suite à de nombreuses réflexions ou interrogations, il nous doit de rectifier certaines appellations nous concernant: Un habitant de Plougastel s'appelle un "Plougastell", une habitante, une "Plougastelenn" et au pluriel, on peut dire les "Plougastell" ou les "Plougastelliz".

 
Le costume

Image Exemple
  • Le gilet vert brodé porté par le Bagad est l’exacte copie des costumes de cérémonie portés jusqu’au milieu du siècle par les jeunes gens de Plougastel. Le costume de Plougastel, caractérisé par une profusion de teintes vives, est sans doute l'un des plus originaux de la région. Le porpant est abandonné à la fin du XIXème siècle pour alors superposer jusqu'à trois gilets, puis, toujours dans un souci d'harmonie des couleurs, deux gilets, au début du XXème siècle. Il est constitué pour les jeunes hommes d'un gilet vert sans manches et d'un gilet violet (Giletenn war c'horre)avec manches, qu'on laisse généreusement ouvert.  

  • Les hommes mariés portent, quant à eux, un chupenn bleu sur un gilet noir ou bleu de Prusse, le costume du deuil. La couleur et la composition du costume varie selon l'âge, la condition sociale et les circonstances (baptême, mariage, deuil...). Le giletenn sans manches (giletenn dindan), noir, vert, violet, rouge, bleu ou en flanelle blanche à ganse rouge est tenu à la taille par un gouriz (bleu marine quadrillé de blanc, rouge). Les hommes portent le tok du ou le bonnet chigovi, sorte de bonnet phrygien, parfois, le kabig blanc complète la mise. Le costume plougastell est aussi marqué par la présence de galons, de riches broderies aux couleurs assorties et de boutonnières aux encolures. Au début du XXème siècle, la population de la presqu'île, de plus en plus confrontée au monde extérieur, abandonne progressivement les gilets au profit de la vareuse et du béret, mais c'est probablement à la suite de la deuxième guerre mondiale que le costume traditionnel est définitivement abandonné.

Image Exemple

  • Le costume de fêtes des femmes surprend par sa profusion de couleurs, de broderies, de dentelles et de rubans. Celui des cérémonies religieuses est de velours noir décoré de broderie de perles. Ces costumes chatoyants sont encore portés jusque dans les années 1920 par certaines femmes, mais peu à peu, elles adoptent celui de couleur sombre qui est toujours porté aujourd'hui par quelques dizaines de vieilles femmes (85 en 1994). La coiffe de Plougastel est un élément tout ausi surprenant dans ces guises si particulières, composée de 5 éléments à plier (bonned bleo, bourledenn, an dalgen, taledenn, ar c'hoëf), elle est l'une des plus archaïque de Bretagne.

Depuis sa création en 1946, le cercle celtique Bleuniou Sivi arbore avec allure les couleurs de Plougastel. Fondé par des jeunes du bourg et de la campagne soucieux de préserver ce patrimoine, il prend de l'ampleur au fil des décennies pour évoluer aujourd'hui en 1ère catégorie dans la fédération Kendalc'h.